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Jeudi 15 mai 2008

Un petit clin d’œil à Jenny et à Hicham, avec cet extrait du destin de Malia-Ana.

Après avoir subi un petit toilettage, ce texte s’est tout naturellement adapté à Malia-Ana Bastiani dans La Naine du Sagittaire.

Souvenirs tronqués sur ce texte :

* Je n’en avais pas fait une lettre ;

* J’avais oublié mes coups de gomme pour l’éloigner un peu de l’original. Tous ces points de suspension, auraient-ils une justification autre que celle que je lui attribuais ? Hélas, j’en ai fait un « passe partout » d’une banalité affligeante.

 

L’action se passe dans l’archipel de Santorin.

Le vent s’engouffre dans ses cheveux. Un flot de larmes inonde ses yeux, sa vue se trouble. Son pas est précipité, déterminé. De ses deux mains et de toutes ses forces, elle appuie sur son cœur pour tenter d’étouffer ce galop résonnant jusque dans ses tempes. Par intermittence, d’une main ferme plaquée sur sa bouche tremblante, elle étouffe un hurlement de douleur. Secouée par les sanglots, elle suffoque. Alors elle court, elle court de plus en plus vite… vers la falaise. Brutalement, elle s’arrête. Un pas puis deux… Le pied droit précède le pied gauche… Le temps s’immobilise. La pointe du pied droit en avant, au-dessus du vide sa jambe reste en suspend… Elle attend… La fin est inéluctable… Se laisser choir dans l’éternité, atteindre l’immortalité dans le gouffre de l’infini… Cette idée l’étourdit, un frisson l’envahit… Serait-ce déjà la fin ? Elle est tentée, son pied droit s’abaisse lentement. Elle n’a plus de doute, elle sait qu’elle ne pourra pas prendre appui sur lui. Elle a le vertige, il va l’entraîner vers le néant… Y a-t-il encore un espoir ? Une autre fin que celle-là ? Imperceptiblement, sa jambe gauche feint d’accepter tout son poids. Pourtant elle la sent prête à se dérober… Brusquement elle rejette la tête en arrière… Là n’est pas sa fin.

 

Ce séjour passé dans son pays natal ne lui avait apporté que des meurtrissures à l’âme, au cœur. Sa rencontre avec Thomas, petit français échoué dans cette île en compagnie d’un groupe de touristes, l’avait littéralement transportée de bonheur, hissée au sommet de ses émotions avant de...


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Lundi 12 mai 2008

Les magnifiques photos et le texte de la dernière publication de Mathilde, ont ravivé quelques souvenirs. Ma mésaventure se situe à Moret-sur-Loing.


C’était ce dimanche d’été sous un soleil brûlant, où même l’ombre n’était qu’un leurre, que nous décidâmes d’aller nous baigner dans le Loing. Térésa, qui avait l’habitude d’en faire la traversée, me mit au défi d’en faire autant. Nous devions faire un aller et nous reposer sur l’autre rive avant d’effectuer le retour. Nous partîmes allégrement, mais à l’instant de poser le pied sur la berge, des herbes hautes eurent l’affront de me chatouiller les pieds. Je les assimilais aussitôt à des tentacules enlaçant mes jambes pour tenter de m’attirer vers le fond. Une frayeur incontrôlable me submergea et provoqua l’incohérence de mes mouvements. Je bus la tasse une fois, essayai de m’agripper à l’invisible en toussant et brassant air et eau. Prise de panique, au lieu de persévérer pour sortir de l’eau, je fis demi-tour. Térésa criait :

« Ne fait pas ça, c’est trop loin, tu n’y arriveras pas, reviens… »

Impossible de lui accorder mon attention. Je centralisai toute ma détermination sur la rive d’en face et j'attaquai mon retour. Térésa se remit à l’eau pour tenter de me convaincre et me ramener à la raison. Épuisée par mon affolement, toute force perdue, je finis par me sentir prise au piège. L’absurdité de ma situation me poussa vers la déraison. J’étais exténuée et la rive était encore bien trop éloignée. Je me mis à crier :

« Je n’en peux plus, je vais me noyer, au secours !
— Ne t’accroche pas à moi sinon nous allons couler toutes les deux ! »

Térésa nageait de concert avec moi tout en gardant ses distances. Tel un coach, elle ne cessait de parler pour me secouer, me motiver. À maintes reprises je faillis céder à la tentation de me laisser couler et Térésa parlait, parlait et le courage revenait. Un coup de rein avec l’énergie du désespoir et je repartais pour quelques brassées. Depuis ce jour mémorable, je suis incapable de me baigner là où je n’ai pas pied et je laisse traîner un pied, de temps en temps et tout en nageant, pour m’assurer la possibilité immédiate de me mettre debout.


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Vendredi 9 mai 2008

Je ne suis pas souffrante, je n’ai pas abandonné mon blog, rassurez-vous, tout va bien.

Histoire de l’animer un peu, alors que je n’ai pas vraiment de temps à lui consacrer, je vous livre l’épilogue de l’un de mes romans. Juste un petit copié/collé et hop ! Si le temps devait persister à me manquer, j’userais de cette même facilité. J’ai un peu honte, m’en voudrez-vous ?


Cette superbe image vient d'ICI

Épilogue « La Naine du Sagittaire »

Des histoires d’amour tragiques, des événements effroyables occasionnent parfois des souffrances que l’on peut qualifier d’insurmontables. Certains se disent : « Mais comment peuvent-ils endurer une telle épreuve ? Moi, je sais que je ne le pourrais pas ! » Alors, à la question, comment ont-ils fait, seules les personnes touchées seraient aptes à répondre. Cependant, invariablement elles s’interrogent sans comprendre ce qui les fait tenir. Certes, quelques points d’accroches peuvent subsister et notamment des enfants, des parents… Mais les autres, ceux qui se retrouvent seuls, comment font-ils ? Je crois sincèrement à la main tendue, celle qui arrive juste au moment où l’on ne croit plus à rien. Comment cette main est-elle arrivée là ! Si l’on se penche un peu sur notre passé, on va s’apercevoir que bien des détails curieux ont jalonné notre parcours. Les anges ! nous les avons surnommés ainsi. Oui c’est vrai, c’est une certitude – la mienne – ils veillent sur nous. Quelquefois, on se surprend à dire : « Mon ange m’a laissé tomber ! » Peut-être avait-il d’autres chats à fouetter et allait-il en renfort vers plus nécessiteux. Puis un jour, on constate que tout va bien et que, derrière notre épaule, il est là et veille. Notre ange nous envoie des messages que certains perçoivent et d’autres pas. Cette main tendue, à point nommé, vous pensez qu’elle n’est que le fruit du hasard ?

Peut-être nous faudrait-il être plus attentif à notre ange et devenir, à notre tour, cette main salvatrice qui se tend.

Maintenant vous le savez, tous nos rêves nous sont insufflés par L.A.C. Alors, ne serait-il pas judicieux d’en tenir réellement compte dans nos futurs agissements ? Serait-il concevable que, grâce à eux, nous puissions échapper à ce puissant désir d’un retour vers le passé, pour changer le cours de notre destin ?


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Samedi 3 mai 2008

 


Intersection : une voiture nous « grille » la priorité, nous frôlons l’accident. Qui se met en colère, qui profère des insultes ? Le coupable !

Monsieur trompe madame, ou inversement. Qui devient soupçonneux ? Le coupable !

C’est un menteur, une menteuse. Qui ne croit jamais ce que dit l’autre ? Le coupable !

Le voleur, la voleuse. Qui est méfiant ? Le coupable !

Le médisant est persuadé d’être l’objet de calomnies. 

Le méchant craint les agressions…

Ne dit-on pas que l’on juge les gens d’après soi-même ? De l’autre, nous pensons qu’il est comme nous, dans nos travers comme dans nos bontés, et nous pensons pour lui. Mais les méfaits et autres défaillances ne sont pas seuls en cause. Tel le gentil, l’innocent, l’altruiste, dans toute sa splendeur… Celui-ci a foi en l’autre, et sa confiance est telle qu’il ne voit jamais l’esprit tordu fondre sur lui, pareil à un prédateur bondissant sur sa proie. Cible facile, grugé, utilisé, chaque fois il se relève en jurant qu’on ne l’y reprendra plus ! À terre bien plus souvent qu’à son tour, sa nature restera, fidèle à lui-même il tendra l’autre joue sans même s’en rendre compte. En quoi serait-il coupable ? Hélas, son attitude est facilement reconnaissable : Il pousse l’autre à la faute, tel un pot de miel ou un citron juteux, il attire les vilains en les poussant à la faute. Il devient donc le responsable de son agression et l’agresseur se disculpera en disant : « Je n’ai fait que répondre au chant de la sirène. »

Nous devons donc en déduire que le coupable est innocent, et que l’innocent est coupable !

Un point partout, la balle au centre.

 

 

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Jeudi 1 mai 2008

À l’aide de ma super baguette magique, j’ai dispersé les effluves de ce modeste brin de muguet sur chacun de vos blogs. Celui-ci s’en trouve donc dépossédé, et c’est pourquoi je peux en déduire qu’il a bien rempli son rôle : il vous a envoyé ses vœux de bonheur.
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Jeudi 24 avril 2008

Elle est pas belle ma mer, quand elle pique sa crise ?


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Dimanche 20 avril 2008

Oyé, oyé ! Qui veut mes belles promotions ? Venez, achetez mes services, vous ne trouverez pas mieux sur le marché ! Service après-vente garanti !

Alléchés, nous allons piocher quelques éclaircissements, mais cette simple démarche va déclencher l’ouverture d’une souricière dans laquelle, implusifs que nous sommes, nous allons nous engouffrer sans comprendre qu’il ne s’agit là que des prémices de l’embuscade. Ils sont bien formés les bougres ! Appâtés par un attrayant pourcentage, et convaincus que c’est notre jour de chance, notre oreille, luttant contre notre conscience éclairée, se fait attentive. Subrepticement, ils vont resserrer le nœud jusqu’à étouffement et capitulation. Vous n’avez pas encore acheté, vous n’avez pas encore signé, et, dans cet état d’indécision, vous êtes le roi à qui le vendeur promettra monts et merveilles. Que risquez-vous devant ces belles promesses ? Alors, on signe, on commande, on achète… Hélas, à peine l’enregistrement effectué, de l’état de souverain vous voilà subitement destitué pour n’être plus que le simple quidam embarrassant, à qui il ne reste que le parcours du combattant pour se sortir de situations inextricables.

Chacun y va de son petit commerce, jusqu’à madame la postière qui harcèle la clientèle, le terme n’est pas trop fort, pour vous vendre moult services et autres gadgets. Ainsi va notre société de consommation. Hélas, elle a perdu cette notion d’antan qui disait : le client est roi !

Le pot de fer contre le pot de terre représente une lutte incessante et je sais, nous savons qui est le dindon de la farce : toujours et immuablement le même.

Plus j’avance dans cette vie de surconsommation et plus j’ai envie de tout envoyer au diable. Hum… Facile à dire et surtout pas à appliquer lorsqu’on utilise tous ces produits de consommation ; ils sont si indispensables…


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Dimanche 20 avril 2008

 

L'AUTEUR

Ayant eu la tentation d’écrire dès qu’il s’est rendu compte qu’une machine à écrire pouvait être plus qu’un jouet, Jean-Christophe Heckers est tombé dans la science-fiction par inadvertance, dans la poésie par surprise, et s’est laissé guider par une muse facétieuse jusqu’à l’écriture de fictions sans réel souci de genre…


Résumé :

 

David, propriétaire d'une petite librairie sans grande prétention, voit sa vie basculer à la suite du tragique accident qui frappe son ami, Stéphane, écrivain doué et reconnu dès son premier roman. Dès lors, tout s'enchaîne très rapidement, et David se trouve bientôt au cœur d'évènements étranges qui semblent tous converger vers la même cible : Stéphane…


Mon commentaire :

 

Après la lecture d’Équinoxe, j’avoue que j’appréhendais avec un léger a priori celle de l’Étoile des chiens. Quelle erreur ! Pour cette circonstance et à mon sens, le verbe aimer devient dérisoire par son manque de puissance, mais comment traduire autrement mon enthousiasme, l’exaltation éprouvée ligne après ligne, page après page ? L’auteur détient, sans conteste, cet exceptionnel talent pour la narration. L’histoire est surprenante, captivante, déroutante… et dévoile, en quelque sorte, une certaine angoisse liée au développement humain, sur son nombre sans cesse croissant. La création d’une planète telle qu’Alsyns « mise aux normes terriennes pour accueillir des terriens » serait donc la destination privilégiée des « heureux élus » ! Les extraterrestres auraient le même objectif que certains utopistes de notre monde : créer une sélection pour obtenir le spécimen parfait et garantir la survie de ce peuple.

Dans ce décor, très fiction, l’auteur nous offre un raccord avec la réalité par la fidélité du portrait et du comportement animal (Némésis). Ces passages, tout simplement jubilatoires, attestent une parfaite connaissance du comportement félin.

Monsieur Jean-Christophe Heckers, merci infiniment pour ce somptueux cadeau.

237 page de pur plaisir !

L'auteur vous offre la lecture intégrale de cet ouvrage.

Cliquez sur l'image puis sur [télécharger]


 

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Jeudi 17 avril 2008
Un vague à l'âme, cette profonde tristesse qui m'envahit sans avoir de réelle causalité directe, si ce n'est la disparition d'un être cher, aimé ou tout simplement apprécié.
Toujours la même question m'a hanté, me hante et me hantera. Ai-je suffisamment dit à ceux que j'aimais : Je t'aime ! Dans ces moments, j'ai envie de prendre mon téléphone juste pour dire "Je t'aime". Mais, suis-je sotte, ils le savent que je les aime ! Oui mais... Je ne l'ai pas suffisamment entendu (ou j'étais très sourde) alors, à eux, mes amours, je préfère leur répéter encore et encore. Il n'y a pas de risque d'overdose à entendre ces  : Je t'aime, pas plus à les dire.
Ne faudrait-il pas créer la chaîne des Je t'aime ? Non, bien évidemment que non ! La pensée ne serait pas à l'image du verbe, il ne deviendrait qu'un son sans émotion.
Tant pis ! Mais à tous ceux qui sont dans mon coeur :


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Jeudi 17 avril 2008

Aimé Césaire s’est envolé avec la voix de sa plume.

 

 

Chantre du célèbre concept de "négritude" (la conscience d'être noir), avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas, Aimé Césaire a consacré sa vie à la poésie et à la politique. Infatigable promoteur de l'autonomie, et non de l'indépendance, de la Martinique, Aimé Césaire a été de tous les combats contre le colonialisme et le racisme. http://www.europe1.fr/
 

Cahier d'un retour au pays natal, Aimé Césaire, éd. Présence africaine, 1956, p. 83, 64. 

Extraits :

[…] Et la voix prononce que l'Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges et gonflés de pestilences,
car il n'est point vrai que l'œuvre de l'homme est finie
que nous n'avons rien à faire au monde
que nous parasitons le monde
qu'il suffit que nous nous mettions au pas du monde
mais l'œuvre de l'homme vient seulement de commencer
et il reste à l'homme à conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur
et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l'intelligence et de la force […]

[…] C'était un nègre dégingandé sans rythme ni mesure.
Un nègre dont les yeux roulaient une lassitude sanguinolente.
Un nègre sans pudeur et ses orteils ricanaient de façon assez puante au fond de la tanière entrebaillée de ses souliers.
La misère, on ne pouvait pas dire, s'était donné un mal fou pour l'achever. […]

Moi, laminaire..., Aimé Césaire, éd. Seuil, 1982 (ISBN 2-02-013123-4), poème 46 (« Saccage »), p. 66.

Extrait :

[…] Il faut savoir traverser toute l’épaisseur du sang
avec trois voyelles de fraîche eau
anxieusement renouvelée par l’oriflamme
toujours à reconsidérer d’une chaîne à briser […]

***

Homme de lettres et homme engagé, il restera définitivement un exemple marquant et s’est inscrit comme le plus grand poète de son époque.

La richesse de ses ouvrages est immense, que ce soit la poésie ; le théâtre (4 pièces) ; les essais, dont le discours sur la négritude, mais aussi un enregistrement audio (que je recherche) : « Les voix de l’écriture », 1994.

La France est en deuil, le monde le pleure, il va nous manquer, il me manque déjà.
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